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Lettre ouverte aux journalistes qui emploient le mot Schizophrénie 

 

 

 
 
STOP
 
 

L’Association PromesseS déclare la guerre aux journalistes et aux hommes politiques qui enferment parce qu’ils veulent écrire « un bon mot » et leur suggère vivement de s’informer avant d’employer le mot Schizophrénie.

Si le film SPLIT de Night Shyamalan, permettait cette mise au point salutaire ce serait enfin un point positif.

 
 
 
 
 
              SPLIT
 
 
 
 

 

L’image que la société se fait de la schizophrénie à travers les médias met gravement en danger les chances de rétablissement des personnes qui en souffrent.

En prétendant que Kevin, le héros du film Split est un « dangereux schizophrène », vous prouvez que vous n’avez pas vu le film.  A aucun moment il n’y est évoqué de schizophrénie mais des « troubles dissociatifs de la personnalité ». Or, la schizophrénie n’a rien à voir avec le dédoublement de personnalité. C’est une autre maladie.

Sans doute êtes-vous totalement ignorants de ces réalités.

Alors renseignez-vous [1]

Car votre ignorance contribue à donner une fausse image des personnes et se répercute de façon tragique sur leur vie et celle de leur entourage. En ranimant constamment dans l’opinion publique les mêmes clichés, en contribuant à la stigmatisation rampante, votre ignorance constitue indirectement un frein à l’accès aux soins ; elle alourdit encore le poids supporté par ceux qui vivent avec cette maladie ; elle renforce les murs dressés par le désintérêt général contre une démarche ambitieuse de modernisation de la politique de santé mentale.

Alors, elle réveille insidieusement un réflexe d’enfermement et d’exclusion des personnes qui vivent avec une schizophrénie.

Cette absence de rigueur dans le choix des mots que vous employez vous rend, vous les journalistes, partiellement responsables des chiffres alarmants relevés en matière de soins sans consentement, multipliés par deux en 10 ans, ainsi que de l’hospitalisation contre leur gré de 92 000 personnes par an.

Pour des journalistes dits de culture, quelle ironie !

Et de vous retrouver souvent indignés quelques colonnes plus loin par ces pratiques que vous inspirez …

Vous ignorez sans doute aussi que l’usage du mot schizophrénie dans les médias se retrouve majoritairement dans des articles culturels, à propos de films ou de livres, et dans lesquels il est corrélé avec des idées fausses, comme la violence ou le dédoublement de la personnalité. Ceci a été mis en évidence dans une étude menée pour le compte de notre association et que nous tenons à votre disposition.

Cette dérive fâcheuse est étonnante alors que ces maladies touchent une personne sur 100 en France, soit avec les proches, 2 millions de personnes ; n’êtes-vous pas concernés ?

Votre pouvoir est immense, choisissez vos mots,

Laissez les mots chics, les mots chocs. Soyez à la hauteur et combattez les idées reçues avec nous.

 

Bénédicte Chenu

Association PromesseS

 

 
 
 
 
La-schizophrenie-se-soigne
Affiche d’une campagne menée en Suisse en 2013 par l'association "Les Journées de la Schizophrénie"
 
 
 
 

 

 


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