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Monsieur Bruno Patino, ne parlez pas de  «schizophrénie de profil» à tort et à travers s’il vous plaît. Vous utilisez une désignation reposant sur une contre-vérité.

Vous annoncez, à l’occasion du lancement de votre essai "La civilisation du poisson rouge : petit traité du marché de l'attention", l’apparition d’une nouvelle pathologie due au développement du numérique, et à l’addiction aux écrans, la «  schizophrénie de profil » .

Sur France Inter, le 31 mai à l’invitation de Nicolas Demorand, vous avez expliqué les causes de cette « pathologie ». Elle serait due, selon vous, au fait que les réseaux sociaux, les outils numérique, nous permettant d’avoir plusieurs identités (sur facebook, Instagram, whats’app etc). Cela nous entraîneraît parfois vers la « schizophrénie de profil » « c’est-à-dire qu’on a tellement d’identités différentes qu’on ne sait plus comment se situer soi-même par rapport à ces profils là ».

C’est donc une « pathologie » dont le nom est issu d’un préjugé tenace et pernicieux selon lequel schizophrénie est synonyme de double personnalité … Comment faudra-t-il le dire ? La schizophrénie n’a rien à voir avec le dédoublement de personnalité … Monsieur Bruno Patino, votre essai est certainement passionnant mais vous devriez vous informer avant de parler ….

En tant que directeur de l’école de journalisme de Sciences Po, directeur éditorial France d’Arte, il serait salutaire que vous ne vous contentiez pas de clichés … Comme vous le dites si bien, les réseaux sociaux nous enferment dans une « bulle cognitive », dans des « chapelles », des « archipels » ; ce message a pour objet d’élargir votre vision et de donner une image plus juste de la schizophrénie.

Ce cliché de la double personnalité sans aucun fondement scientique est gravement pénalisant. Il induit l’idée de manipulation, de double jeu maîtrisé et suscite la méfiance. Il est un puissant facteur de stigmatisation de cette maladie.

Pour en savoir plus, vous consulterez avec profit l’étude réalisée en 2015 pour le compte de l’association PromesseS « L’image de la schizphrénie à travers son traitement médiatique », http://www.promesses-sz.fr/la-destigmatisation.html et plus récemment celle publiée en 2019 par la Fondation Pierre Deniker « Etude sur l'utilisation du terme "schizophrénie" sur les réseaux sociaux » https://www.fondationpierredeniker.org/newscontent/%23schizo%20-%20Etude%20sur%20l%27utilisation%20du%20terme%20%22schizophr%C3%A9nie%22%20sur%20les%20r%C3%A9seaux%20sociaux.

Vous pourriez consulter également sur notre site la rubrique « A tort et à travers la presse » qui vous permettra de vérifier que l’abus de termes comme « schizophrène », ou tout autre mot de même racine n'est pas inévitable et de plus n’est pas justifié …

La stigmatisation constitue une double peine pour les personnes concernées. Elle nuit à leur prise en charge.

Vous le savez sans aucun doute, en tant que professionnel de la communication, les médias ont un grand rôle à jouer dans ce domaine, alors s’il vous plait sortez de votre bulle et venez faire un tour dans la nôtre … Pour ensuite, (pourquoi pas ?) proposer à vos élèves un atelier sur la couverture médiatique des questions de santé mentale ?

Corinne Oddoux
Association PromesseS

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