PSYCHO-EDUCATION POUR LA FAMILLE

PSYCHOEDUCATION DES FAMILLES ET SCHIZOPHRENIES

Psychoéducation des familles et schizophrénies

Famille et schizophrénie : la famille fait partie de la solution !

Ignorantes des recherches modernes sur les processus neurologiques, biologiques et génétiques, différentes théories du XXème siècle ont considéré la mère ou la famille comme directement responsable de la schizophrénie du jeune adulte (avec au gré des auteurs, une mère trop froide ou trop protectrice, une éducation trop autoritaire ou trop laxiste et toutes les déclinaisons imaginables autour de possibles dysfonctionnements familiaux).

L’absence de soutien empirique à ces théories et d’études en mesure de confirmer ce type d’influence a entrainé dès les années 60 le déclin inexorable du nombre de recherches internationales examinant la « pathologie familiale ».
Ces concepts n’ont plus de place dans la perception scientifique actuelle de la schizophrénie.

Depuis plusieurs décennies, en revanche, de nombreux chercheurs se sont intéressés à la famille dans une perspective renversée : si les familles ne sont pas responsables, elles sont indirectement très touchées par la maladie (sentiments d’injustice, de culpabilité, d’impuissance, épuisement, dépression, anxiété… ) et peuvent jouer un rôle tant dans leur propre rétablissement que dans celui du malade.

Concrètement, 60 à 70% des personnes souffrant de schizophrénies vivent essentiellement avec leur famille, qui intervient dans une multitude de domaines : aide à la vie quotidienne (alimentation, l'hygiène individuelle et du lieu de vie, achats et déplacements), mais aussi aide à la gestion des actes administratifs, surveillance du suivi médical et bien souvent aide financière en complément des allocations perçues. Référence « Trajectoire brisées, familles captives » étude menée par Martine Bungener.

Les soignants doivent donc aider la famille à réagir aux troubles mentaux de l’un de ses membres.

Qu’entend-on par « psychoéducation des familles » ?

Le but de la démarche psychoéducative est d’amener progressivement la famille d’un sentiment d’impuissance et d’une position de passivité ou de révolte face à la maladie vers une position de collaboration active à travers une vision réaliste de la maladie, des moyens d’y faire face au quotidien, des possibilités de traitement et des perspectives d’avenir. Comprise ainsi, la psychoéducation met en jeu plusieurs dimensions :

  • Une dimension pédagogique dans les informations données sur la maladie,
  • une dimension psychologique dans la prise en compte de problèmes sensibles et incontournables (la révélation du diagnostic, le soulagement de la charge émotionnelle et le travail de rétablissement face aux difficultés liées à la maladie),
  • une dimension comportementale dans l’utilisation de stratégies spécifiques de modifications des comportements.

L’efficacité de la psychoéducation des familles dans la prise en charge des schizophrénies

Elle est soutenue par une littérature scientifique abondante et ancienne

…initiée par des études cliniques dès les années 80
référence : article Anderson, Hogarty, and Reiss, in 1980 on family psychoeducation

… confirmée par de multiples études cliniques internationales récentes
références : 
(1) Falloon I. Family interventions for mental disorders : Efficacy and effectiveness. World Psychiatry. 2003;2:20-28
(2) Mino Y, Shimodera S, Inoue S, et al. Medical cost analysis of family psychoeducation for schizophrenia. Psychiatry Clin Neurosci. 2007;61(1):20-4.
(3) Pharoah F, Mari J, Rathbone J, et al. Family intervention for schizophrenia. Cochrane Database Syst Rev. 2010 Dec 8;(12)

… ainsi que le rappelle en France le rapport 2015 du Centre de Preuves en Psychiatrie, elle dispose aujourd’hui d’un haut niveau de preuves.
Lien avec le tableau des méta-analyses consacrées à la psychoéducation des familles

Un effet proche de celui du traitement médicamenteux 

La psychoéducation des familles est une intervention particulièrement efficace, tant sur le bien-être de la famille que sur l’évolution du malade.

Son effet sur la prévention de la rechute est quasi identique à celui de la prise du traitement médicamenteux par la personne qui souffre de schizophrénie, avec une réduction très significative du taux de rechute à 2 ans, allant pour certaines études jusqu’à 50%.

Elle favoriserait aussi selon certaines études la réduction du handicap et le retour à l’emploi des malades.

Elle constitue l’une des modalités essentielles pour le rétablissement du malade dans l'approche de réhabilitation.

Des conditions pour l’efficacité de ces prises en charge 

Seul un programme structuré sur le long terme est efficace et a des effets prolongés au-delà de deux ans sur la prévention des rechutes (référence : Chien & Wong, 2007).

La psychoéducation des familles pour produire son plein effet exige :

  • un nombre élevé de séances : au moins dix sessions 
  • une durée minimum de traitement, en aucun cas inférieure à trois mois et qui doit plutôt excéder 9 mois.

Une rentabilité économique avérée 

Non seulement efficace sur le plan médical, la psychoéducation des familles est aussi une approche pragmatique, facile à mettre en œuvre. Elle concerne une population importante et les études montrent qu’elle est économiquement rentable.
Mino Y, Shimodera S, Inoue S, et al. Medical cost analysis of family psychoeducation for schizophrenia. Psychiatry Clin Neurosci. 2007;61(1):20-4.

Voir aussi :
London School of Economics Effective interventions In schizophrenia - The economic case A report prepared for the Schizophrenia Commission nov2012
La LSE, première université au monde pour l'enseignement de l'économie s’est penchée sur la rentabilité économique des différentes interventions thérapeutiques en Angleterre en matière de schizophrénie. Ses conclusions : proposer plus largement la psychoéducation familiale est à même de réduire le coût global de la prise en charge. Il s’agit même, selon les analyses de la LSE, de l’intervention la plus rentable économiquement, juste après le « job coaching » (soutien à l’emploi en milieu ordinaire).

La psychoéducation des familles au cœur des recommandations internationales

La famille est à l’heure actuelle perçue comme un allié important dans la prise en charge des schizophrénies.

La psychoéducation des familles est vivement recommandée depuis de nombreuses années par toutes les instances internationales : OMS, OCDE, Commission européenne.

En 2014, la communauté scientifique internationale, mobilisée sous l’égide de l’Université d’Oxford pour édicter des recommandations de politique sanitaire pour la schizophrénie a formulé 6 recommandations principales dont : « fournir un soutien concret, de l’information et des programmes éducatifs aux familles et aidants pour qu’ils puissent améliorer leur soutien à leur proche tout en préservant au maximum leur vie personnelle. »

Dans la plupart des pays, des « guidelines » recommandent les interventions auprès des familles (American Psychiatric Association, 2004 (A. F. Lehman, Lieberman, et al., 2004), National Institute for Clinical Excellence, 2009 (NICE, 2009).
La psychoéducation des familles est reconnue pour le traitement de la schizophrénie aussi bien au Canada, qu’en Australie, en Allemagne, en Suisse, au Japon, en Inde ou en Chine (voir aussi documents dans le Kiosque)

La France à la ramasse

Malgré le rapport de l’INSERM qui en 2004 (in Chapitre 12 : Bilan des études d’évaluation par pathologie) conclut à l’efficacité des thérapies familiales, et d’une manière générale « à la supériorité en terme d’efficacité des thérapies cognitivo-comportementales et de l’approche psycho-éducative par rapport aux autres psychothérapies » (les thérapies analytiques étant en revanche sans efficacité pour la schizophrénie), et malgré des dizaines de rapports sur la santé mentale soulignant les carences des prises en charge, la succession des Plans Psychiatrie et Santé Mentale dont le dernier (2011-2015) rappelle « que l'entourage est une ressource essentielle dans l'évaluation de la situation de la personne et un relais potentiel dans l'accompagnement et le rétablissement », rien n’a avancé en France !

Au mieux la famille est considérée comme incompétente et de peu d’utilité, au pire considérée par des personnels soignants mal formés comme un agent causal ou de maintien de la maladie.

La psychoéducation des familles est ignorée de la plupart des professionnels, proposée de façon confidentielle et aléatoire aux familles, et peu encouragées concrètement jusqu’à présent par les autorités sanitaires.

Le programme Profamille, principal programme structuré existant en France n’a bénéficié depuis 15 ans qu’à moins d’1% des familles touchées par la schizophrénie d’un proche. Promesses s’est créée précisément pour agir contre cette situation choquante et la perte de chance intolérable pour les jeunes touchés par la maladie et leur famille qui en résulte.

Psychoéducation et éducation thérapeutique du patient en psychiatrie (Psycom)

Psychoéducation et éducation thérapeutique du patient en psychiatrie (Psycom)

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Cette brochure du Psycom, publiée en octobre 2017, fait le point sur  les programmes de psycho-éducation destinés aux personnes vivant avec des troubles psychiques ainsi qu’aux membres de leur entourage, (Profamille).

Des informations utiles pour savoir de quoi il s’agit, à qui ils sont destinés,  qui  les dispense, où et comment y avoir accès.

Cliquez ici pour télécharger la brochure

Pour accéder à d'autres brochures du Psycom : www.psycom.org/Brochures-d-info

 

 

Profamille et PromesseS à l’émission « Les témoins d’Outre-Mer » sur France Ô

Profamille et PromesseS à l'émission "Les témoins d'Outre-Mer sur France Ô

Evandelia Valladier (Psychologue clinicienne, hôpital Louis Mourier à Colombes), Olivier Canceil (Psychiatre, Chef de Pôle EPS Maison Blanche) Alain Moreau (Cadre de santé, Clinique MGEN Reuil-Malmaison ) animateurs du réseau Profamille ainsi que Marie-Hélène Taieb (PromesseS) participaient ce mercredi 28 juin 2017 à l’émission Les Témoins d’Outre-Mer sur France Ô, consacrée à Profamille et la schizophrénie.

Pour réécouter « Schizophrénie : une nouvelle approche porteuse d’espoir », cliquer sur ce lien

 

Éducation thérapeutique du patient et de son entourage et parcours de rétablissement du patient souffrant de psychose

Éducation thérapeutique du patient et de son entourage et parcours de rétablissement du patient souffrant de psychose

Dans cette vidéo, le Dr Olivier Canceil (psychiatre, chef de pôle, EPS Maison Blanche - Paris) évoque les soins efficaces pour accompagner le patient sur le chemin du rétablissement, et la nécessité d’accompagner la famille par un programme d’éducation thérapeutique, comme Profamille.

Cette intervention a eu lieu lors des «Les 2es Rencontres en Psychiatrie» organisées par la revue Santé Mentale le 23 novembre 2016 à Montpellier, dans le cadre du Congrès français de psychiatrie sur le thème « Comment la psychose interroge l’éducation thérapeutique du patient ?». 

LES ATELIERS ARSIMED

Les Ateliers ARSIMED®

Aider à Reconnaître les SIgnes de la Maladie et des Médicaments

L’objectif des Ateliers Arsimed ® est d’aider les personnes atteintes de troubles psychotiques et leurs familles à mieux connaître les maladies psychiques et les traitements médicamenteux pour mieux faire face, mieux les gérer et ainsi améliorer leur qualité de vie.

Ce programme comprend 2 modules conçus pour les patients («Je reconnais ma maladie» et «Je prends un traitement psy») et un module à destination des familles («Aider celui qu'on aime»). Chacun de ces modules doit permettre aux participants d’acquérir certaines habiletés (par exemple, reconnaître les symptômes de la maladie, les facteurs déclenchant …pour le module « Je reconnais ma maladie »). 

Pour les proches, l’acquisition de 3 habiletés est au programme : psychoéducation à la maladie et au traitement, mieux communiquer avec son proche, savoir gérer son propre stress.   

ARSIMED® est dispensé par des professionnels de santé spécifiquement formés (psychiatres, infirmiers, psychologues, pharmaciens …). Plusieurs centres en France sont en mesure de le dispenser (Armentières, Pau, Begard, La Queue en Brie, CH de Sevrey, EPSM du Morbihan, CPA de Bourg en Bresse, Nanterre, Colson, Narbonne). 

Cliquez ici pour télécharger la plaquette de présentation